Gouttières bouchées : les signes depuis le sol
Coulures sous la corniche, traînées sur le mur, terre au pied : les signes d'une gouttière bouchée à repérer depuis le sol avant les pluies d'automne.
Le 21 septembre 2025, la station Météo-France de Toulon a relevé 89,5 mm de pluie en une heure. Un record pour la station, le précédent datait du 24 septembre 2006. Les gouttières qui ont débordé ce soir-là étaient pour beaucoup à moitié prises depuis l’été. Vous repérez ces signes depuis le trottoir, sans sortir l’échelle.
Les signes visibles depuis le trottoir
Les coulures sous la corniche. Une trace sombre part d’un point précis du bord et descend en éventail sur l’enduit. L’eau passe par-dessus à cet endroit, averse après averse.
Les traînées verticales sur la façade. Elles suivent l’aplomb d’une descente ou d’une jonction de gouttière. Sur un mur clair, elles virent au gris, puis au vert sur les faces peu ensoleillées.
La terre et les gravillons au pied du mur. Une gouttière qui déborde creuse le sol sous le point de chute et projette la terre sur le bas du mur, sur quelques dizaines de centimètres. Le soubassement garde la marque après séchage.
Le débordement à l’angle. Les angles, les jonctions et l’entrée des descentes retiennent les feuilles en premier. Sortez pendant une averse et regardez : si l’eau franchit le bord à l’angle alors qu’elle circule ailleurs, le bouchon est là.
Les tiges qui dépassent du bord. Des herbes ou de jeunes pousses visibles depuis le sol veulent dire qu’un lit de terre s’est formé au fond. Sous les tiges, plusieurs centimètres de terre tassée retiennent l’eau.
Pourquoi une gouttière à moitié prise déborde
Le NF DTU 60.11 P3 dimensionne les évacuations d’eaux pluviales sur 0,05 l/s par m² de toiture en projection horizontale, soit 180 mm/h. Sur une toiture de 100 m², la gouttière est calculée pour 5 litres par seconde. Le 21 septembre, cette toiture a reçu 8 950 litres en une heure, soit 2,5 litres par seconde, la moitié de la capacité de calcul.
La pluie tombe par à-coups. Ce soir-là, 47,4 mm sont tombés en 15 minutes, un rythme proche de 190 mm/h qui dépasse la base de calcul. Sur ces pointes, même une gouttière propre travaille à la limite. Un conduit chargé, lui, déborde bien avant.
Un conduit à moitié pris par les aiguilles de pin perd plus de la moitié de son débit : la section utile diminue et les débris freinent l’écoulement. Une crapaudine prise dans les feuilles à l’entrée de la descente ne laisse plus filtrer qu’un filet. L’eau garde sa vitesse, monte dans la gouttière, atteint le bord et tombe le long du mur.
À Toulon, juillet et août cumulent 19,6 mm de pluie en moyenne sur les normales 1991-2020 de Météo-France, avec 0,9 puis 1,6 jour de pluie d’au moins 1 mm. Vos gouttières passent deux mois sans un rinçage, pendant qu’elles se chargent en aiguilles de pin.
Du conduit bouché au mur abîmé
L’eau qui franchit le bord tombe en nappe et mouille la même bande de façade à chaque averse. Le support reste humide entre deux pluies, et le revêtement décroche. Sur nos chantiers de ravalement, nous retrouvons cette bande sous le point de débordement : l’enduit sonne creux, la peinture se soulève.
Le pied de mur prend ensuite. L’eau qui tombe au même endroit à chaque averse sature le soubassement, puis le mur la remonte par capillarité. Dehors, ça commence par une auréole au ras du sol. Quelques mois plus tard, la plinthe du salon décolle. Une fois le mur chargé, le traitement de l’humidité devient un chantier à part et la reprise de la façade suit. Nous détaillons nos repères dans notre article sur le bon moment pour ravaler une façade.
Contrôlez avant les pluies d’octobre
Octobre est le mois le plus arrosé à Toulon avec 105,8 mm de moyenne, novembre suit avec 93,4 mm. Septembre, octobre et novembre pèsent 269,1 mm à eux trois, soit 42,5 % des 633,4 mm annuels. Nous passons donc en septembre, avant que le conduit serve.
L’article 29.1 du règlement sanitaire départemental du Var demande que les ouvrages d’évacuation, gouttières, chéneaux et tuyaux de descente, soient « maintenus en bon état de fonctionnement et d’étanchéité » et « nettoyés autant qu’il est nécessaire et notamment après la chute des feuilles ». Le texte laisse la fréquence libre. Nous conseillons deux passages par an, un au printemps et un en septembre.
Qui paie dépend de votre situation. Dans une maison que vous occupez, l’entretien est à votre charge. En location, l’annexe du décret n° 87-712 du 26 août 1987 range le dégorgement des gouttières, chéneaux et descentes d’eaux pluviales parmi les réparations locatives, quand le locataire a l’usage exclusif des parties extérieures. En copropriété, la gouttière est le plus souvent une partie commune, et l’entretien passe par le syndic. Regardez votre bail avant d’appeler.
Le NF DTU 40.5 demande 5 mm de pente par mètre sur une gouttière métallique posée avec pente. En dessous de 3 mm par mètre, elle compte comme gouttière sans pente et se dimensionne autrement. Quand nous montons sur une gouttière en zinc ou en PVC, nous vérifions ça, puis les crapaudines, les fixations et les joints. Le nettoyage seul ne règle rien si le conduit est en contre-pente ou si une jonction fuit.
Si la trace est encore sombre au pied de votre mur, l’eau est passée cette semaine. Appelez avant l’averse suivante, nous montons voir d’où elle sort. Nous posons et réparons des gouttières PVC et zinc à La Garde depuis 1973. Déplacement et devis à zéro euro.